Kill La Kill : est-il aussi sexiste qu’il en a l’air ?

KILL LA KILL

Ah ça me fait plaisir de faire un petit billet sur cet animé qui m’a méchamment hypé durant tout le mois d’avril ! Oui, je fais partie de cette « mouvance » de gens ayant repris les animés grâce à Shingeki no Kyojin et qui a directement suivi le mouvement vers l’autre animé hype qui lui a succédé, Kill la Kill. Mais ce n’est pas de sa qualité pour moi indéniable dont j’ai envie de causer ici, mais plutôt d’un point que j’ai beaucoup apprécié dans cette série, son fan service. Oui oui, j’ai bien écrit « son fan service »

On le sait, le studio Trigger est composé d’anciens du studio Gainax à qui l’on doit Gurren Lagann ou encore le totalement délirant Panty and Stocking with Gartelbelt. Sans doute suite au fail de ce dernier malgré ses grosses qualités et une supposé restriction de budget, Hiroyuki Imaishi et Kazuya Masumoto directeurs de la plupart des œuvres phares du studio décidèrent de quitter le navire, conséquence d’une plus grande volonté créatrice. Les deux étant selon moi les principaux instigateurs de tout ce qui fait le visuel, l’esprit et la renommé de Gainax, on retrouve donc naturellement tout ça sous la bannière Trigger. Ce qui, je pense, ressort le plus dans leurs créations tient principalement en deux choses : L’absence de tabous et de limites. Tout est fait à l’extrême, parfois trop diront certains. Le tout (et c’est ça qui fait plaisir), associé à de la bonne grosse baston des familles. Aurais-je oublié quelque chose ? Si ? Je vous vois déjà venir et non je ne l’oublierai pas, car c’est vrai que le sexe est une composante qui revient très souvent avec ces créateurs, de façon implicite ou parfois carrément explicite comme dans Panty and Stocking.

Panty.and.Stocking.With.Garterbelt.full.998330Panty and stocking

Gurran_Lagann

Gurren Lagann

Panty and Stocking 03

Ici Stocking se dit qu’être capturé n’est finalement pas si désagréable que cela

Et il va sans dire que c’est une des composantes essentielles de Kill La Kill. Dès le premier épisode on comprend qu’ils ne vont pas y aller par quatre chemins avec la mise en scène de ce que l’on pourrait presque qualifier d’un viol. On y voit Senketsu, un vêtement tout ce qu’il y a de plus vivant (si si) forçant Matoi à se déshabiller afin qu’elle puisse le porter. Refusant d’obéir, il s’occupe alors lui-même de cette tâche. Au final il s’avère que tout cela était pour le bien de la jeune fille afin qu’elle accède à de nouveaux pouvoirs. Bien entendu, tout cela reste très « métaphorique » mais pour une entrée en matière on reste assez estomaqué en se demandant si ce que l’on regarde est vraiment « sain ».  Alors, après l’on peut toujours se demander si l’on peut rire de tout ? Franchement je ne sais pas et ce n’est pas le propos même si pour un japonais, rire de tout semble une base. Kill la Kill - 01 -24[2]

Cette scène peut vraiment paraître dérangeante !

En fait Matoi Ryuuko, jeune fille de 17 ans sera sans arrêt confronté au regard malsain et pervers des hommes sur les femmes (Chevaliers Blanc compris… ). Le sexe est la seule pensée qui vient à l’esprit des hommes voyant le corps de Matoi. Ils ne peuvent s’en empêcher, c’est plus fort qu’eux. Matoi comme beaucoup de personnages de manga est en plein passage à l’âge adulte. Ce monde qui l’entoure entraîne sûrement chez elle une vision très négative de la gent masculine (ça me rappelle quelques copines de fac ça) et fini par constamment les repousser. Naturellement on commence alors à se poser des questions sur ses préférences sexuelles avant de comprendre que les seules personnes pour qui elle a de l’estime, avec qui elle se sent bien et a l’impression d’une relation parfaitement sincère, ce sont avec les femmes et plus particulièrement Mankanshoku Mako qui deviendra sa première petite amie. Aux premiers abords, on pourrait donc croire qu’il s’agit d’un énième anime hypersexualisé (du côté des filles hein), rempli « d’ecchi » pour satisfaire le public masculin.                        … C’est vrai et c’est parfois très maladroit voir douteux, mais je ne peux m’empêcher de penser que la femme est constamment mise en valeur face à la perversion masculine en tant qu’être plus réfléchi, intelligent (plus fort aussi) et n’étant pas constamment dérangé par ses pulsions sexuelles. Kill la Kill aime jouer avec les apparences et pour aller jusqu’au bout de l’idée il va mettre les hommes et les femmes sur un même pied d’égalité… vestimentaire. Kill la Kill - 12 - Large 17 Ba oui, si d’habitude on aime mettre les femmes à nu, pourquoi ne pas appliquer le même traitement aux hommes ? C’est là, la mission des Nudist Beach. Dans un contexte ou les vêtements sont vivants et veulent asservir le monde, il est de bon ton de s’habiller le moins possible. Du coup le contexte dissipe à lui seul tous problèmes vestimentaires et plutôt que de se retrouver avec des personnages féminins à col roulé ou très fortement masculinisé comme si l’aboutissement ultime d’une femme était d’être comme un homme (ce que renierait bien une Bayonetta et c’est la tout le génie du personnage), au moins tout le monde est tout nu et c’est très bien comme ça. N’est-ce pas finalement ici une façon originale et plutôt bien pensé de traiter un certain rapport d’équivalence homme/femme ?

Je vous laisse profiter de cette scène magnifique

Kill la Kill aime jouer avec les codes pour mieux les contourner. (Ca me rappelle un autre animé). Au final il nous offre quelque chose de plus subtile et se trouve bien plus féministe qu’il y paraît au départ en nous prenant à contre-pied ce qui est génial. C’est pour moi la meilleure manière de gérer ce genre de choses assez sensible. Bien entendu ce n’est pas parfait, parfois l’on tombe dans des travers douteux (La scène du bain entre Satsuki et sa mère) mais globalement j’ai envie de saluer l’initiative. Après, à savoir si tout ceci n’est qu’une façon comme une autre pour mettre des femmes à poil encore une fois … Il y a peut-être un peu de vrai dans cette pensée, mais je vais essayer de m’en tenir à cette vision positive !

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